Un Maquis dans le Web Français


   avr 20

« 5 raisons de voter Sarkozy », démontées une par une

Deux fois en moins d’une journée, j’ai reçu cet argumentaire de propagande. J’estime qu’il serait bon d’y répondre afin de rappeler à l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy que même un dément anosognosique de 79 ans ne se laisserait pas berner par ce ramassis de mensonges.

1. Je ne veux pas d’un Président faible et indécis qui change de position en fonction de ses interlocuteurs.

JE VOTE NICOLAS SARKOZY car il est respecté dans le monde entier et, dans les crises internationales, il a prouvé sa capacité à prendre des décisions courageuses pour protéger la France et les Français.

Sarkozy change tout le temps de position et d’avis en fonction du vent, et des sondages que lui prodigue son marabout Patrick Buisson, transfuge du journal d’extrême-droite Minute.

Par exemple : il était contre l’encadrement des loyers en début de campagne, il est pour à la fin http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/13/encadrement-des-loyers-la-volte-face-de-nicolas-sarkozy_1685017_1471069.html

Sarkozy est un président faible avec les puissants, fort avec les faibles, c’est le stéréotype de la serpillère. Par exemple, il avait déclaré avant d’être élu qu’il ne s’acoquinerait jamais avec les dictateurs de ce monde : on a eu droit à la tente de Kadhafi à l’Élysée, Bachar Al-Assad lors du défilé du 14 juillet, et Hu Jintao reçu avec force de courbettes http://www.liberation.fr/monde/01012370182-on-a-bien-fait-d-humilier-les-grecs

Il est ridiculisé dans la presse internationale par des unes assassines comme « The Incredible Shrinking President » http://www.rue89.com/2010/09/09/the-economist-lache-sarkozy-le-president-qui-retrecit-165898, « Nicolas Le Pen » http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/13/le-wall-street-journal-appelle-m-sarkozy-nicolas-le-pen_1667651_1471069.html, ou « We Don’t Like You Either Sarko » http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/04/13/passe-darmes-nous-ne-taimons-pas-non-plus-sarko/

A part s’aligner docilement sur les prises de position d’Angela Merkel en Union Européenne http://www.francesoir.fr/actualite/economie/role-bce%C2%A0-merkel-calme-sarkozy-160243.html, ou obtempérer aux desiderata d’Obama sur la géopolitique internationale http://www.gqmagazine.fr/presidentielle-2012/culture-politique/articles/sarkozy-ce-petit-garcon/12933, qu’a-t-il fait ? Rien.

Quand les tunisiens se sont révoltés contre leur dictateur, il proposait avec sa ministre des affaires étrangères d’envoyer des gilets pare-balles et des gaz à la police de Ben Ali. L’image de la France est durablement ternie en Egypte et en Tunisie …

2. Je ne veux pas d’une société sans valeur dans laquelle l’assistanat paie autant que le travail et dans laquelle on augmente sans cesse les impôts pour financer de nouveaux emplois publics.

JE VOTE NICOLAS SARKOZY car il valorise le travail, réduit les dépenses publiques et se bat pour créer et maintenir les entreprises et l’emploi en France.

« L’assistanat » n’existe pas, c’est un néologisme de propagande sarkozyste http://fr.wiktionary.org/wiki/assistanat, inventé à dessein pour remplacer le concept de Fraternité républicaine, l’un des 3 piliers de notre République, pour déclencher une haine des pauvres envers les plus pauvres, et au passage de faire oublier que la présidence Sarkozy est surtout la Présidence des Riches et des rentiers http://www.challenges.fr/elections-2012/20120403.CHA4942/pourquoi-nicolas-sarkozy-a-ete-le-president-des-rentiers.html

Sarkozy avait promis qu’il n’augmenterait pas les impôts, il a menti : il augmenté les prélèvements obligatoires, et il est responsable depuis 2007 de 40 de taxes nouvelles ou suppression de niches fiscales http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/25/depuis-2007-pres-de-40-nouvelles-taxes-et-suppressions-de-niches-fiscales_1593438_823448.html

De plus, la TVA, s’il est réélu passera à de 19,6 à 21,2% http://www.lefigaro.fr/impots/2012/01/30/05003-20120130ARTFIG00578–212-la-tva-depassera-la-moyenne-europeenne.php (la TVA à taux réduit est déjà passé de 5,5 à 7 %, dont celle sur les livres http://www.zdnet.fr/actualites/livre-numerique-et-tva-reduite-nicolas-sarkozy-persiste-et-signe-39765796.htm)

Nicolas Sarkozy, ne valorise pas le travail, mais la rente, et le chômage, dont il est sur ce dernier critère le record-man absolu sur toute la Vème République : 1 million de personne sans emploi ou en emploi précaire en plus en 5 ans http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/03/26/chomage-les-mots-de-sarkozy-pour-ne-pas-dire-que-ca-saggrave-230536, dépassant ainsi les 5 millions de personnes en comptabilisant toutes les catégories de chercheurs d’emploi http://www.alternatives-economiques.fr/les-chomeurs-attendront_fr_art_633_57836.html

Ses valeurs sont l’égoïsme, l’enrichissement sans limite, la haine de l’autre (s’il est pauvre, ou étranger : il est le seul à faire huer dans ses meetings les chômeurs http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/sarkozy-a-villepinte-la-gauche-monte-au-front-11-03-2012-1440217_324.php)

Il est responsable du plus grand plan social de la Vè République, plus de 100 000 postes de fonctionnaires non reconduit, avec pour conséquence la destruction de la police http://insecurite.blog.lemonde.fr/2012/01/30/flics-chronique-dun-desastre/ http://www.charentelibre.fr/2012/04/10/police-des-rois-de-la-rue-aux-bleus-a-l-ame,1089296.php,de l’éducation, et de l’hôpital publique, pour une économie de quelques centaines de millions d’euro http://www.courrierdesmaires.fr/actualite/france-encore-un-rapport-tres-critique-sur-la-rgpp-30335.html

3. Je ne veux pas d’une société laxiste où la culture de l’excuse remplace la sanction, où l’immigration n’est pas contrôlée et les clandestins régularisés.

JE VOTE NICOLAS SARKOZY car il a renforcé la sécurité des Français, assume la fermeté contre les délinquants et veut que la France maîtrise ses frontières.

Rhétorique classique de l’extrême-droite, pour un état policier ou les étrangers sont traités comme des animaux. Là, la discussion est idéologique : veux-t-on que la police passe son temps à traquer des gens qui n’ont pas de papiers, ou ne pourrait-on pas simplement leur en donner, et passer à autre chose, comme s’occuper de la délinquance financière, des mafias et du grand banditisme ? Enfin, il y en a marre de voir des affaires sortir où des femmes enceintes sont molestés par la police, et des enfants cherchés par la police à la sortie des écoles pour attraper leur parents, et emprisonnés toute la famille dans des camps.
Enfin, il est responsable de la politique de sécurité depuis 10 ans, et il a échoué sur toute la ligne : les méthodes frontistes sont donc un échec lamentable.

4. Je ne veux pas d’une société où l’on cède à tous les communautarismes, où l’on donne le droit de vote aux étrangers et où les pouvoirs publics acceptent des menus religieux dans les cantines.

JE VOTE NICOLAS SARKOZY car il défend les valeurs de la citoyenneté et de la laïcité et refuse le droit de vote des étrangers.

Sarkozy, chanoine de Latran : http://www.20minutes.fr/article/200974/France-Sarkozy-fait-chanoine-d-honneur-de-Saint-Jean-de-Latran.php

Sarkozy au dîner du CRIF : http://www.lepoint.fr/politique/sarkozy-et-hollande-guest-stars-du-diner-du-crif-09-02-2012-1429015_20.php

Sarkozy tente de séduire les imams et les musulmans de Seine-Saint-Denis : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/15/l-ump-drague-activement-l-electorat-musulman_1669085_1471069.html

Sarkozy tente de faire passer une loi inconstitutionnelle pour s’attirer le vote arménien http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/02/28/le-conseil-constitutionnel-censure-la-loi-sur-le-genocide-armenien_1649496_1471069.html, et déclenche un incident diplomatique avec la Turquie http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/22/les-deputes-votent-le-texte-sur-la-negation-des-genocides_1621648_823448.html

Sarkozy tente de récupérer le vote pied-noir : http://www.20minutes.fr/presidentielle/895153-presidentielle-sarkozy-chevet-harkis-vote-pieds-noirs

Bon, je pense qu’au vue de ces quelques exemples, le prince du communautarisme, c’est bien Sarkozy.

De plus la laïcité impose que l’État ne reconnaisse aucune religion, et assure la liberté de conscience de tous. Or la laïcité de Nicolas Sarkozy n’est jamais dirigée contre les protestants, juifs, catholiques, bouddhistes, ou autres, mais toujours contre les musulmans. D’où le retour au point n°3 : il monte la population contre les musulmans, faisant planer le fantasme de l’invasion de l’Union Européenne par des ordres de salafistes.

Bien sûr, les pétromonarchies dictatoriales et intégristes ne dérangent pas Nicolas Sarkozy, puisqu’il fait des magouilles financières avec leurs dirigeants pour financer ses amis et ses campagnes électorales http://www.slate.fr/story/39077/qatar-france http://www.rue89.com/2011/10/01/karachi-takieddine-mouille-gueant-et-menace-sarkozy-224465

5. Je ne veux pas d’une société où des élites confisquent le pouvoir, dictent leur pensée et donnent toujours les mêmes leçons à ceux qui n’ont pas à en recevoir.

JE VOTE NICOLAS SARKOZY car il fait confiance au peuple français et veut lui redonner la parole, notamment par le référendum.

Sarkozy fait partie des élites, et ce depuis les années 80 : il est maire de Neuilly-sur-Seine, la ville la plus riche de France, puis député-maire, puis ministre du budget, puis de nouveaux députés-maires, puis ministre de l’intérieur, de la communication, etc. Il est l’ami personnel de nombreux patrons du CAC 40 et des grandes fortunes du show-business. Il a fait son mandat à l’Élysée sans jamais aucune contradiction politique jusqu’à la campagne (seul Fabius a pu débattre avec lui avant le 1er tour dans l’émission « Des paroles et des actes »), il choisit les journalistes qui ont le droit de l’interviewer, le lieu, choisit le réalisateur. Il ne peut se déplacer en France hors du XVIè arrondissement de Paris, et de Neuilly-sur-Seine sans être huer. Il est le système, il est le candidat des élites.

Comment en étant aussi impopulaire, il pourra mener une politique référendaire sans les perdre systématiquement, lui qui a été incapable d’organiser un seul référendum national depuis 5 ans ?

Pour une France forte et juste, je vote Nicolas Sarkozy

Bon, on l’aura compris, son expulsion rapide de la présidence de la République devient de salubrité publique …


   avr 27

M. Enthoven déteste la liberté des internautes. Et ils lui rendent bien.

M. Raphaël Enthoven, jeune philosophe français n’ayant rien trouvé de mieux comme passe-temps que de s’attaquer par deux fois en moins d’une semaine aux internautes, mérite vraiment l’affection la plus chaleureuse de leur part. Une petite partie de cette affection se trouvera dans les lignes qui suivent.

Il s’attaque aussi de manière extrêmement virulente et personnelle à Edwy Plenel, et que l’on apprécie ou pas Mediapart, il faut bien reconnaître que ce site propose une information libre de toute pressions économique ou politique extérieure, et qu’en ces temps troublés  de concentration des media aux mains de puissants industrielles, cette indépendance est à saluer.

Avant de lire ce qui suit, il est vivement conseillé de lire le 1er article d’Edwy Plenel, celui de M. Enthoven, puis les réponses faites par voie de presse par l’un et par l’autre (ici, et encore ici).

M. Enthoven, que diable, relisez-vous avant de publier un texte pareil. Il semble être issu d’une rage frénétique, et le résultat est d’une extrême virulence. Où est la réflexion philosophique, la démonstration ? Vous ne faîtes qu’asséner votre opinion de manière violente, et vous vous couvrez de ridicule. Votre première diatribe provoquait déjà de la peine, mais là…

Tout d’abord, écoutez cet extrait des enregistrements (http://www.frenchleaks.fr/21-juillet-2009-Le-conseiller.html) : il n’y a là aucune vie privée mais bien révélation d’un scandale d’état : le président Sarkozy et son conseiller justice M. Ouart font directement pression sur un procureur pour obtenir le classement sans suite d’un litige, dont l’objet était la protection de la fortune d’une femme de 87 ans par sa propre fille contre son entourage.

M. Bonnefoy, l’ancien  majordome de Mme Bettencourt a donné les enregistrements à la police pour qu’elle puisse protéger son ancienne patronne. Ce dernier assumera complètement ses actes puisqu’il est poursuivi pour atteinte à la vie privée par les protagonistes de l’affaire, et il y répondra devant un tribunal impartial qui tranchera le litige (et heureusement pour lui, vous n’en serez pas le président).

En attendant, vous devez bien l’admettre et vous résignez, les enregistrements sont des pièces de choix dans la procédure des juges d’instructions bordelais qui gère l’affaire Woerth/Sarkozy/Bettencourt.

Un candidat en campagne, un trésorier, une dame très âgée détentrice d’immense fortune… Mais des lois sur le financement des partis politiques. Le produit fini de cette équation risque probablement fort de vous déplaire.

Enfin, avant de philosopher sur internet, la première chose à faire est de l’étudier en profondeur et de le comprendre. N’ayant pas fait le premier, vous échouez dans le second. Vos écrits ne sont que des opinions personnelles, assez inquiétante pour le reste de votre carrière dans les media, dans lesquels vous ne tarderez pas à passer pour une fraude.

Internet tout d’abord n’est pas un lieu, ce n’est pas une conscience, c’est un réseau de télécommunication qui interconnecte des ordinateurs entre eux. Des gens utilisent ces ordinateurs pour échanger des données. A partir de là, en effet, ces informations, chacun peut s’en servir à sa façon, pour le bien commun, ou servir des intérêt privés, révéler un scandale d’état, écrire un billet d’humour, ou saboter des centrales nucléaires iraniennes.

Ce que vous exécrez dans Internet, c’est que pour la première fois, il existe un réseau sans centre, où chaque élément du réseau peut recevoir des données, mais surtout en émettre.

Dans l’ancien régime (celui où vous avez encore une place de choix dans la vie publique), nous aurions été obligés de subir vos inepties, en levant les yeux au ciel, mais sans jamais pouvoir vous répondre. Nous aurions été obligés d’attendre des réactions officielles (à la télévision, le clash Enthoven/Plenel, pour vendre quelques canettes de sodas en plus), ou la réponse de M. Plenel dans l’Express paraissant la semaine suivante.

Aujourd’hui, grâce à internet, tout le monde peut vous répondre et vous dire à quelle point vos deux articles sont mal écrits et présentent une vacuité de raisonnement patente. Mais pour les partisans de l’Internet Civilisés dont vous faîtes sûrement partis, le fait que n’importe qui puisse vous répondre est odieusement insupportable, d’où la nécessité de civiliser les internautes barbares qui ne seraient donc que des « milliards d’enfants tenant un revolver chargé ».

Je vous le rappelle, le réseau internet permet pour la première fois à tous d’user du droit fondamental reconnu par l’article XI de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi). Vous avez perdu votre oligopole de parole publique, et vous enragez car la censure de l’information est devenue impossible.

Vu le niveau de votre réflexion, je pense qu’il serait temps que vous libéreriez votre place dans les colonnes des journaux papiers et des ondes, place utile aux journalistes de la presse papier traiter des informations d’intérêt publiques, cela vous laisserait du temps par ailleurs pour poursuivre votre charge haineuse contre les internautes au café du commerce, où vous tiendrez je présume une place éminente. Il y aura aussi toujours un petit bout d’internet pour vous accueillir, parce que ceux qui font le réseau internet ont le sens de l’hospitalité, de l’échange et du partage, même si j’imagine que vous y serez constamment raillé.

Enfin, par pitié, épargnez-nous votre vie privée ronflante. Qui sont vos enfants et quelle est le métier de votre ex-femme n’ont aucun intérêt dans un débat publique concernant la liberté d’expression, votre confusion entre le droit à la vie privée des citoyens et la nécessaire transparence de l’état et des acteurs économiques, et c’est bien ça le fond de l’affaire : Mediapart n’a jamais révélé la vie privée (écoutez les extraits des enregistrements avant de critiquer !!), mais des informations d’intérêts publiques.

NB : La cour de cassation a dans son rapport annuel de 2010 a écrit tout un texte sur le Droit de Savoir. Comme vous ne l’avez pas lu, j’en profite pour chaudement vous le recommander.

 

 


   mar 06

Non, M. Sarkozy ne sera jamais le candidat des Internautes

Ne pouvant commenter l’article En 2012, Sarkozy sera-t-il le candidat des internautes? d’Emery Doligé sur le blog de l’Express Elysée 2012 en raison d’une très dommageable limitation à 2000 caractères, j’en profite pour rattraper ici-même cet handicap :

J’imagine que cet article doit se lire plus sur un ton léger que sérieux ?

Tout d’abord, tenir un blog sur une élection qui aura lieu dans plus de 400 jours, fût-elle présidentielle est une aberration. Une campagne se base sur des projets, un programme. Actuellement, il n’y en a dans aucun camp qui soit achevé.

De plus, si un bilan provisoire de M. Sarkozy vis-à-vis des internautes devait être fait, il faudrait se baser sur l’idéologie et les réformes adoptées depuis 2007 plutôt que sur le port de cravate sur une photo de site communautaire, ou sur des repas de pur affichage organisés à des fins de communication.

Tout d’abord l’idéologie : M. Sarkozy souhaite « civiliser internet ». Civiliser, d’après le dictionnaire de l’académie française signifie « rendre policé et sociable un peuple qui vit à l’état sauvage ». Prenons donc acte que M. Sarkozy considère ses concitoyens internautes comme des sauvages, et qu’il souhaite nous rendre à son image, réactionnaires. Cette tentative de prendre le contrôle des pensées et des comportements des internautes est vain. Un peuple qui a connu la liberté ne se laissera pas faire sans réagir. Par exemple, la résistance pourrait se manifester par un vote sanction aux élections cantonales (oui, vous savez, il y a une élection dans quelques jours, bien avant les présidentielles…)

Sur le plan législatif, le niveau « minable » dans le domaine d’internet et du numérique est largement dépassé.

Le Plan Numérique 2012, une succession d’annonces, est resté sans effet. Les connexions par fibre optique commencent à peine à être déployées dans les très grandes villes, et la France compte toujours de très nombreux déserts numériques.

La loi dite HADOPI (commandée directement via l’ambassade des Etats-Unis par les majors de l’industrie culturelle), est aujourd’hui une usine à spams  qui coûte 12 millions d’euro par an. Le projet était tellement liberticide que le conseil constitutionnel a dû censurer la machine à déconnecter de l’internaute sans juge, manifestement attentatoire à l’article X de la Déclaration des Droits de l’Homme. Rien que ça. Internet est un vecteur de la liberté d’expression et de publication, mais M. Sarkozy préfère s’y attaquer de front pour le civiliser.

Il fait alors voter la loi HADOPI 2, pour rendre les internautes responsables de leur connexion internet. Même les entreprises de sécurité informatique et les gouvernements n’arrivent pas à sécuriser leur connexion (voir l’histoire du hack de HBGary Federal par le collectif Anonymous), et il a fait croire aux députés que les citoyens lambda allaient y arriver. Tout le monde devient suspect dans la maison. Les enfants, les copains des enfants, les amis de passage, le titulaire de la connexion doit surveiller tout le monde. Autant dire que c’est mission impossible et que lorsque les internautes vont commencer à se faire couper leur connexion dans quelques mois, il sera grand temps pour M. Sarkozy de vérifier si sa côte de popularité est munie d’un train d’atterrissage, parce que ça risque de faire très très mal.

Il a fait voter quelques semaines avant la dernière coupe du monde  de football une loi libéralisant les jeux en ligne, pour d’un côté favoriser ses amis entrepreneurs, et de l‘autre encore rajouter du filtrage d’internet, pour censurer les sites qui proposeraient des jeux en ligne accessibles aux français. Le risque d’addiction aux jeux d’argent  fait donc parti du projet de civilisation d’internet de M. Sarkozy. Cocasse.

Récemment, il nous a sorti la LOPPSI 2. Elle contient de nombreuses dispositions liberticides, en particulier concernant internet. L’article IV de la loi permet au ministère de l’intérieur de faire filtrer des sites de manière discrétionnaire, sous prétexte de contenus de pornographie infantile. Il est vrai que les internautes français croisent tous les jours des sites de pédophiles et que de permettre à un juge d’encadrer la censure est impensable pour M. Sarkozy.

Les caméras de vidéo-surveillance vont donc continuer à se généraliser. Elles coutent très chères, elles sont inefficaces n’ont jamais empêché un vol ou une agression, mais ce n’est pas grave. Tout le territoire devra être surveillé par le ministère de l’intérieur, aux frais des contribuables.

Sur WikiLeaks, un site qui permet aux lanceurs d’alertes de révéler au public  des exactions commises par les gouvernements ou de grosses corporations, M. Sarkozy, en plus de confondre le site en conseil des ministres avec l’encyclopédie en ligne Wikipedia, souhaitait en décembre que le site alors hébergé en France soit tout simplement censuré.

Et la liste des attentions de M. Sarkozy envers les internautes est encore très longue, mais je vais tout de même laisser un peu de place à mes co-commentateurs.

Le divorce entre les internautes et l’UMP est consommé depuis très longtemps, et nous sommes irréconciliables. Vivement les cantonales !


   jan 20

Rétrospective 2010 – WikiLeaks, roms, réforme des retraites, Révolution Tunisienne : la faillite de l’Etat UMP

L’association majoritaire des groupes UMP / Nouveau Centre aux assemblées, avec les gouvernements Sarkozy, entité composant ce que certains appellent l’Etat UMP, est une catastrophe, locale, européenne, et aussi internationale dans tous les zones où la France et ses multinationales ont établi leurs ramifications. Il faut aussi noter que dans le parti d’opposition socialiste, nombre sont ceux qui vantent une forme très spéciale de « réalisme » politique face aux défis de demain, et qui sans le dire clairement, défendent la même oligarchie mondiale médiatico-politico-financière.

En se replongeant dans l’actualité de 2010 et de ce début 2011, peu de gens seraient capable de retrouver une seule action de l’Etat UMP utile à l’intérêt générale (hormis la mise en application de la question prioritaire de constitutionalité).

Pire, de nombreux éléments prouvent que la tendance naturelle de l’Etat UMP est de dériver vers une forme de totalitarisme sournois. Un évènement de l’actualité en chassant un autre, traité les uns après les autres dans la presse, il y a très peu de temps pour le citoyen pour approfondir et prendre du recul. Mais 2010 a été aussi riche qu’un réveillon de Noël, et l’année 2011 s’entame avec la gueule de bois.

Tout a commencé à s’accélérer mi-2010 avec les révélations des exactions commises par les  membres du gouvernement (achat de cigares cubains pour plusieurs milliers d’euro au frais du contribuable, prêt d’appartement de fonctions non occupé à des membres de la famille, fausse déclaration avec permis de construire illégal pour faire agrandir une villa au bord de la Côte d’Azur, compagne de ministre du budget pratiquant joyeusement l’évasion fiscale, condamnation en 1ère instance pour injures privés à caractère raciale pour un ministre de l’intérieur, ministre de l’intérieur recondamné cette fois en référé pour atteinte à la présomption d’innocence, mission fictive au frais du contribuable coutant aussi plusieurs milliers d’euro pour faire taire un ancienne alliée déçue de ne plus faire part du gouvernement). Avec le climax, fourni par les enregistrements clandestins d’un majordome écœuré par ce système, mettant à nu l’Etat UMP, président Sarkozy inclus.

Quelles ont été leurs premières réactions ? Reconnaître les torts, démissionner et accepter de faire le ménage ?

Bien sûr que non. Mensonges, réactions médiatiques violentes, et réattributions discrètes de poste à ceux qui ont dû être exfiltrés du gouvernement. Ils partagent tous un point commun jusqu’à ce jour : une impunité absolue. Même, la légion d’honneur décore non plus ceux qui servi la France, mais les séides de l’Etat UMP. Il a fallu toute la détermination d’une présidente de tribunal, de journalistes sans peurs, et de l’appui de l’opinion et de l’opposition politique pour que 9 mois plus tard, un ministre se retrouve mis en examen par la cour de justice de la République (un tribunal d’exception composé majoritairement de parlementaire qui devront juger un parlementaire…)

L’Etat UMP aux abois a été obligé de déclencher « l’arme atomique » pour créer un contre feu et détourner l’attention : organiser à l’échelle nationale ce qui pourrait s’apparenter à un crime contre l’humanité.

En attendant les projets de loi liberticides et xénophobes de la rentrée, le gouvernement avait initié dès la fin juin une traque systématique des campements dits « illégaux » (on insistait alors peu sur les communes en illégalité qui ne fournissaient pas les aires de stationnement), aggravant les tensions entre police / gendarmerie et les gens y vivant. Tensions qui ont entrainé la fuite de l’un d’entre eux lors d’un contrôle de gendarmerie, et son décès par balle. Sans gêne et son vergogne, M. Sarkozy nous sort son plus ignoble discours, qui marquera le nom de Grenoble à jamais dans l’histoire, par l’assimilation entre populations d’origines étrangères et délinquance, et par la grande traque nationale des gens du voyage français et des roms, en vue d’expulser ces derniers.

Les préfectures, en rodage depuis un mois, récoltent alors la circulaire du 5 août 2010 émise avec l’aval criminel de MM. Sarkozy et Hortefeux, et mobilise toute l’administration française pour traquer les roms et les faire expulser (police et gendarmerie, mais aussi le Fisc, les services sociaux… et même les simples citoyens sont incités par la police à porter plainte systématiquement). Au cas où ils devaient rester en France, la police aura pris soin de détruire leurs quelques biens, caravanes incluses, sinon ce ne serait pas amusant. Pendant un mois, l’administration française avec la complicité des média dominants qui assuraient la propagande, s’est déroulé sur notre sol

1. (…) l’un quelconque des actes ci-après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque :

(…)

d) Déportation ou transfert forcé de population ;

(…)

h) Persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste au sens du paragraphe 3, ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour ;

(…)

2. Aux fins du paragraphe 1 :

a) Par « attaque lancée contre une population civile », on entend le comportement qui consiste en la commission multiple d’actes visés au paragraphe 1 à l’encontre d’une population civile quelconque, en application ou dans la poursuite de la politique d’un État ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque ;

(…)

d) Par « déportation ou transfert forcé de population », on entend le fait de déplacer de force des personnes, en les expulsant ou par d’autres moyens coercitifs, de la région où elles se trouvent légalement, sans motifs admis en droit international ;

(…)

g) Par « persécution », on entend le déni intentionnel et grave de droits fondamentaux en violation du droit international, pour des motifs liés à l’identité du groupe ou de la collectivité qui en fait l’objet ;

h) Par « crime d’apartheid », on entend des actes inhumains analogues à ceux que vise le paragraphe 1, commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime ;

(…)

Il s’agit de la définition du crime contre l’humanité reconnue en Droit International selon le Statut de Rome. La ressemblance avec les évènements d’août 2010 est troublante. Seule la détention de l’arme nucléaire nous a mis à l’abri de critiques encore plus virulentes que celles déjà subies et d’être mis au ban des nations répressives avec en tête la Corée du Nord ou la Chine. L’Etat UMP n’a pas hésité à mentir à la commission européenne pour poursuivre sa sale besogne, jusqu’à ce qu’un fonctionnaire anonyme et intègre révèle la circulaire à la presse. M. Sarkozy et sa bande de politiques enragés, toujours aidés par des éditorialistes prêt à venir en renfort dans les media, ont alors tout fait pour décrédibiliser Mme Reding, commissaire responsable des droits de l’homme et de la justice, allant même jusqu’à l’attaquer sur son pays d’origine, un sénateur UMP ayant publiquement dit qu’il eût souhaité que le Luxembourg n’exista pas. M. Fillon, qui doit régulièrement faire le ménage derrière les boulettes des mignons de M. Sarkozy, a dû publiquement s’excuser auprès du Luxembourg.

Convaincu que le meilleur moyen de faire disparaitre l’extrême droite en France, était de devenir l’extrême droite, l’Etat UMP ne se connaît plus aucune limite. S’imaginant que l’intérêt général consiste à prendre des mesures inutiles, il fait alors voter à son groupe de parlementaire godillot une loi permettant de déchoir de leur nationalité française des personnes d’origine étrangère ayant tué des policiers ou des gendarmes. Les forces répressives chargées à l’origine de protéger et servir les citoyens sont devenues des citoyens surprotégés. Devant la réduction de leurs effectifs et la politique du chiffre, la police travaille sous pressions intenses qui multiplient le risque de bavures et les procédures arbitraires pour satisfaire le rendement. Par ailleurs, il faut que le français d’origine étrangère soit naturalisé depuis moins de 10 ans. Alors pourquoi 10 ans ? Pourquoi 9 ans et 3 mois ou 11 ans ? Dans le domaine de l’absurde, tout est possible. C’est sûr qu’aujourd’hui les criminels qui tirent sur des policiers doivent vraiment trembler… Et que plus personne ne prend le risque de tirer sur la police.

Pendant ce temps, la rue française gronde. L’Etat UMP a mis au point sous la pression des agences de notations financières et donc de son électorat (et surement aussi un peu par plaisir) une régression sociale nommée « réforme des retraites ». Jusqu’à 3 millions de personnes sont dans les rues pour contester le texte, et aussi signifier leur ras-le-bol de l’oligarchie régnante. Résultat : aucune négociation, des mensonges répétés en boucle dans les média, et un passage en force législatif, méprisant au passage les manifestants, les grévistes et même les députés de l’opposition, que le président de l’assemblée a arbitrairement décidé de faire taire. Il jugeait leurs déclarations trop répétitives, et a préféré faire voter le texte à l’heure prévu par M. Sarkozy, qui avait décidé que ce vote ferait les gros titres des journaux télévisés du soir.

Hasard du calendrier, alors que M. Sarkozy essaie de se refaire une image de marque auprès des quelques personnes qui essaye encore de croire en lui, la Tunisie connaîtra quelques semaines plus tard un mois de manifestations et de révoltes, qui vont entraîner la chute de leur dictateur qui régnait d’une main de fer et dans la répression depuis 23 ans. Par contre en France, l’Etat UMP considère l’élection présidentielle comme l’obtention des pleins pouvoirs pour toute la durée du mandat et ne considère pas la contestation populaire comme un mode d’expression politique. Alors que c’est la définition même de la démocratie.

Ainsi malgré 3 mois de grèves à répétition, manifestation qui englobaient toutes les générations, et un mécontentement global de la politique mené par le président des riches, rien n’y a fait. L’argument principal est de considérer les manifestants comme des enfants perdus qui ont besoin d’un guide pour mener leur destinée, et non pas comme des citoyens qui ont leur mot à dire. Le pouvoir de décision est bien complètement confisqué par l’Etat UMP. Avant l’élection et le vote, les promesses. Une fois le clan maintenu au pouvoir, la politique répressive et de spoliation des richesses peut reprendre. Le peuple français est encore trop abasourdi par ce mode de gouvernance sans concession, pour réaliser qu’il est enfermé dans une dictature allégée aux édulcorants intenses. Alors il ne se révolte pas, il encaisse. Pour l’instant.

Quelques semaines plus tard, l’organisation à but non lucrative WikiLeaks commence à révéler au compte-goutte selon la méthode du supplice chinois des câbles diplomatiques américains, préalablement filtrés, édités et sélectionnés par les rédactions de 5 rédactions aux prestiges internationaux.

Malgré toutes les informations extrêmement utiles contenues dans ces documents (révélant en vrac une corruption politique massive et globale soutenue par l’UE ou les EUA, des crimes contre l’humanité passés sous silence, la rapacité des multinationales  corrompues), nos gouvernants préfèrent nous garder la vérité cachée. Sinon, la contestation serait permanente.

Bien que 1er amendement de la constitution américaine érige la liberté d’expression et de publication comme des droits absolus non négociables, les élites américaines décident d’écraser WikiLeaks au mépris de leurs valeurs  déjà bien ternies par la présidence de M. G.W. Bush.

C’est donc le gouvernement dirigé par le Prix Nobel de la Paix Obama (qui est d’ailleurs aussi commandant en chef de l’armée américaine) qui va se charger de la sale besogne. Les membres de WikiLeaks n’étant pas situés sur le sol américain, le gouvernement a décidé de mettre en branle toute sa puissance de feu médiatique (Fox News en tête), politique (voir les déclarations de Mme Palin, M. Liberman, du vice-président M. Biden, ou encore de la chef de la diplomatie Mme Clinton), ses soutiens économiques (Amazon EC², Ebay avec PayPal, EveryDNS qui a déchu WikiLeaks de son nom avec la perte du WikiLeaks.org), et surtout financier.

Il faut asphyxier WikiLeaks, le faire taire, le faire disparaître. Mais demander à faire censurer le site directement par l’administration serait illégal. Alors, ils vont utiliser le système financier globalisé détenu par les EUA, pour arriver à leurs fins. MoneyBooker le 1er a bloqué les transferts de fonds vers WikiLeaks, suivi au début du Cablegate donc par PayPal, puis ce sont rien de moins que VISA et MasterCard qui vont geler les avoirs de WikiLeaks. Sans aucune décision de justice, sans même être poursuivi pour aucune infraction. Pendant ce temps, les internautes relève bien cyniquement que PayPal, VISA et MasterCard sont accessible sans problème pour financer une œuvre caritative comme le Ku Klux Clan. La banque postale suisse va geler le compte de Julian Assange, sous prétexte qu’il a donné une fausse adresse. Pendant ce temps, les Bettencourt continuent d’y manager plusieurs dizaines de millions d’euro et une île achetée illégalement au Seychelles. Sans être très inquiets de séjourner en prison.

Alors que M. Assange est jusqu’à preuve du contraire présumé innocent des accusations (il nie les faits allégués de viol reprochés par deux jeunes femmes qu’il fréquenta en Suède), le parquet suédois va lancer un mandat d’arrêt international contre lui, après avoir pourtant accepté qu’il quitte la Suède pour le Royaume-Uni. Des rumeurs bruissent sur la préparation en secret d’un grand jury en Virginie à deux pas du Pentagone pour inculper M. Assange de trahison et de conspiration contre les EUA, bien qu’il soit citoyen australien. Il sera enfermé pendant 9 jours en cellule de confinement, en bon prisonnier politique qu’il est devenu. En 2010, le pire crime qu’on puisse commettre, c’est de répandre la vérité… et comme circonstance aggravante, c’est de le faire gratuitement, pour l’intérêt général… Quel horreur !

Revenons en France puisque la suite des aventures judiciaires de WikiLeaks y font un petit crochet.

Quel aura été le réflexe immédiat de l’ancien ministre français des expulsions-et-de-la-patrie lorsqu’il apprit que les fichiers de WikiLeaks était hébergés par des serveurs d’OVH, entreprise situé à Roubaix (notre Silicon Valley nationale) ? Immédiatement demander son expulsion.  Réaction à mettre certainement sur de vieux réflexes issus de son ancien ministère.

Non, c’est vrai après tout, la France ne peut pas héberger de sites illégaux, c’est vrai qu’il faut civiliser internet. Enfin, WikiLeaks serait un site illégal, mais selon le gouvernement américain, un nouvel organe judiciaire compétent en droit des serveurs de stockage français. Et par ricochet, cette compétence ce serait transmise à M. Besson. Quelle perte de temps les juges, ces empêcheurs de gouverner en rond. Tout irait plus vite s’il n’y avait plus aussi cette opposition futile et insupportable. Oui, car minoritaire dans les instances dirigeantes, elle n’a juste à peine le droit de s’exprimer. Mais comme toute contradiction est insoutenable pour l’Etat UMP… Ils sont quelques milliers à avoir raison, et nous des millions à avoir tort.

Enfin, il faut bien clore avec la Révolution Tunisienne ce mini résumé de 6 mois d’errances à la recherche de l’électeur d’extrême droite, conservateur et réactionnaire, 6 mois d’actions politiques toutes plus lamentables les uns que les autres, par ailleurs indignes de personnes qui s’estiment supérieures et capables de mener un troupeau de 65 millions d’âmes.

La lutte contre l’islam, mais aussi la nécessité de corrompre les pays en voies de développement pour piller leurs richesses et exporter nos multinationales, contraignent nos dictatures commerciales à pactiser avec les dictatures martiales du monde entier. L’avantage pour l’Etat UMP, c’est que de dictature à dictature, les choses sont plus simples. Il n’y a que 2 interlocuteurs, c’est calme, on n’est pas dérangé par des contradicteurs ni des manifestants, et surtout on peut planifier à long terme les implantations d’entreprises et les paiements de dessous de table. Même la finance mondialisée est satisfaite de savoir les peuples vivre dans le calme, l’ordre, la prospérité et la « laïcité » (enfin la laïcité intolérante du XXIème siècle). On peut même s’organiser des séjours de vacances bien mérités.

Mohamed Bouazizi, 26 ans, est le seul à nourrir sa famille en vendant des fruits et légumes comme marchand ambulant. Il décide de s’immoler par le feu le 17 décembre 2010 dans un geste de désespoir en protestation de la saisie de sa marchandise par la police. En effet, il n’avait pas payé le racket dû au gouvernorat de la région de Sidi Bouzid. La Tunisie s’embrase alors devant le mépris du pouvoir face à la misère dans laquelle est cantonnée la jeunesse tunisienne.

M. Sarkozy, un ami personnel du dictateur tunisien, ne peut prendre position publiquement contre lui. Et tout l’Etat UMP, dont on ne connait pas encore tous les liens troubles qui l’unit au RDC, se tait, ou répond d’un air gêné que le dictateur a tant fait pour son peuple. En pratique, il s’agissait surtout de spolier et de réprimer la libre expression, par la peur, la police politique et même la torture.

Même quand les manifestations en Tunisie étaient réprimées à balles réelles, nous avions droit toujours au même silence de M. Sarkozy, ce grand redresseur de tort international, toujours prompt à monter sur un tabouret pour dénoncer tantôt la finance, tantôt les dictatures. Pas très crédible vu qu’il les représente toute deux à la fois.

M. Sarkozy avait même organisé avec son ami dictateur tunisien pour mater cette foule de manants un avion-cargo affrété par un marchand d’arme (Dassault ? EADS ? Bolloré ? Tous les marchands d’armes français sont des éminences dirigeantes de l’Etat UMP), et ce par l’intermédiaire de Mme Alliot-Marie. La même qui se proposait la veille à l’Assemblée Nationale de transmettre à la Tunisie notre savoir-faire sécuritaire français, mondialement reconnu pour son efficacité à faire pacifier les contestations.

Enfin, une position claire ! L’Etat UMP est l’ennemi du peuple tunisien et l’ami du dictateur Ben Ali. Enfin quelque chose de lisible pour les simples citoyens que nous sommes.

Renversé de 23 ans de pouvoir par des citoyens sans armes, le premier réflexe de M. Ben Ali lors de sa fuite minable, aura été de voler vers Paris rejoindre ses amis de l’Etat UMP. Malheureusement, la diaspora tunisienne en France a fait savoir à M. Sarkozy que c’était peut-être une mauvaise idée de risquer en ce début d’année 2011 un embrasement des banlieues françaises, et le dictateur fit demi-tour pour rejoindre les côtes d’Arabie Saoudite.

C’est là que l’on reconnait bien en M. Sarkozy un pragmatique : quand les carottes sont cuites, il vous lâche et vous abandonne à votre destin.

Comme lorsqu’il laissera la France les caisses vides. Son départ d’ailleurs, avec son entourage d’affairistes, ne devrait plus trop tarder au vue du nombre de casseroles accumulées en 3 ans et demi.

Notre gouvernement est en faillite morale. Ses valeurs sont la corruption, le clientélisme, la violence judiciaire et la surveillance généralisée des citoyens. Ses ennemis sont la Liberté, l’Egalité et la Fraternité et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Je respecte le choix de ceux qui ont choisi de collaborer avec l’Etat UMP. Par contre, ils devront assumer au lendemain de la chute de leur maître, et la gueule de bois sera rude.

Pour les autres, un seul mot d’ordre :

Résistons !


   déc 23

Plaidoyer pour le retour à un Etat laïc

Laïcité.

Ce mot, invoqué comme ultime bouclier par ce que les politiques considèrent comme l’indicible, la percée de M. Le Pen jusqu’au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Mais surtout, cette élection marque sa défaite cinglante. Il s’agissait de sa quatrième tentative, il réalisa alors 16,86 % (4,8 millions de suffrages) au 1er tour et 17,79 % au second tour. Malgré la chance inespérée de faire diriger la France par un leader d’extrême droite, les partisans d’une politique ouvertement raciste, nationaliste et centrée sur l’Etat policier n’ont même pas réussi à mobilier un petit pour cent d’électorat en plus , pendant que M. Chirac se faisait réélire avec les voix de la gauche et d‘une très grande partie de la droite.

Le message adressé aux politiques était pourtant clair : il existe une frange minoritaire (bien que non négligeable) de partisans d’extrême droite, mais le reste de la population française n’accepte pas leurs idées.

Mais Jacques Chirac pris peur.

Il nomma M. Sarkozy  au poste de ministre de l’Intérieur. Ce dernier se chargea d’instaurer par d’innombrables projets de loi un Etat policier (on garde à l’esprit les lois dite Perben I et LOPPSI I qui augmentent les pouvoirs des policiers, procureurs et préfets aux détriments de l’autorité judiciaire et des libertés individuelles).

Le Nationalisme fût flatté par des lois de circonstances, ridicules dans le possibilité d’application, comme celle interdisant de siffler la Marseillaise dans les stades sous peines d’amendes et de prisons. Avant de commenter, je vous laisse admirer la beauté et poésie qui émanent de notre code pénal :

Article 433-5-1 (Créé par Loi n°2003-239 du 18 mars 2003 – art. 113 JORF 19 mars 2003)

Le fait, au cours d’une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d’amende.

Lorsqu’il est commis en réunion, cet outrage est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

Comment caractériser les infractions ? Avec des caméras supplémentaires dans les stades ? Nos impôts serviraient ainsi à payer des policiers  chargés de zoomer/dézoomer sur les bouches des spectateurs pour repérer les impudents ? Et pourquoi pas un micro sous chaque siège ?

En 2008, l’idée nouvelle du gouvernement fût de faire arrêter les matchs . Aucune de ces dispositions très bruyantes médiatiquement, très lourdes à mettre en place, n’a jamais été appliquée.

Au final, notre code pénal s’alourdit de lois inapplicables et liberticides. Donc inutiles.

Enfin, les instincts racistes furent régulièrement flattés. Les attentats du 11 septembre 2001 permirent rapidement d’assimiler toute la communauté musulmane mondiale à une population haineuse du génie occidentale, et au terreau fertile du terrorisme international. Comme cette communauté vit dans ces traditions, et le refus des « valeurs occidentales », ce sont donc des ennemis.

Nous avons envoyé nos armées commettre neuf ans de massacres en Afghanistan. Avant notre flamboyante arrivée, ces peuples vivaient sous des régimes tyranniques, mais bénéficiaient de la paix civile. Aujourd’hui, nous les avons récompensé par l’Anarchie et la guerre civile. C’est valable aussi pour les irakiens. D’ailleurs appeler une guerre d’occupation et de spoliation « Freedom Irak », il fallait oser. Au moins, et contrairement aux américains, nos impôts auront été peu investis en Irak (4 milliards d’euro). Le coût de la Guerre contre la Terreur pour les Etats-Unis s’élève aujourd’hui au montant stratosphérique de 1121 milliards de dollars. Et ils ne sont pas près de rentrer…

Le ministre de l’Intérieur Sarkozy conduira à son terme la mise en place du conseil du culte musulman, initié par Jean-Pierre Chevenement, organe consultatif dont le but inavoué est de servir de caution moral à la politique de stigmatisation du gouvernement. Le ministre se plaignait alors de ces étrangers et français d’origines étrangères qui n’aiment pas la France, qui ne veulent pas s’intégrer. L’Islam oppresse les femmes, conduit aux excisions, aux mariages forcés et à la barbarie.

L’atteinte fondamentale à la laïcité est faite à mon sens lors de la loi de 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques. Pour passer le conseil constitutionnel, la loi se voulut générale à tous signes religieux, mais le débat public ne tourna qu’autour du foulard, au nom de la liberté des femmes, et de la laïcité. A l’époque, j’avais été profondément heurté qu’on puisse se servir de la loi pour réguler le port de vêtements d’enfants, sans que leur sécurité ne soit mise en jeu. C’était une intrusion violente dans un domaine habituellement réservé à l’autorité parentale. A partir de là, toutes les législations visant les musulmans s’appuyérent sur le prétexte de laïcité. La France étant laïque, les cultes devaient disparaître de l’espace public, des administrations et aujourd’hui, la laïcité nouvelle s’attaquent aux entreprises de droit privée. M. Sarkozy a même fini par créer une laïcité dite « positive », dans le but de promouvoir les « racines judéo-chrétiennes » de la France et d’encadrer les religions « incompatibles » avec les valeurs françaises tradionnelles comme l’islam.

Si on revient au sens originel des mots, le concept dit de « laïcité positive »  est une aberration.

Plutôt que de raisonner sur les discours de M. Sarkozy, ce dernier ayant la fâcheuse tendance de transformer des notions considérées comme acquises en quelque chose de nouveau et surtout, complètement différent, mais toujours proche de son intérêt électoral (la laïcité devient positive pour contrôler l’islam, la vidéo surveillance devient « vidéo protection », la très martiale riposte graduée de la HADOPI  s’est muée en quelques mois en une douce et « pédagogique réponse graduée », etc.), j’ai préféré commencer par regarder ce pouvait nous apprendre le Larousse en ligne :

Laïcité : Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l’Église et de l’État et qui exclut les Églises de l’exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l’organisation de l’enseignement. (Le principe de la laïcité de l’État est posé par l’article 1er de la Constitution française de 1958.)

Profitons-en aussi pour nous remémorer l’article 1er de la Constitution  de 1958 :

Art. 1. – La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales

Donc, si les chefs religieux ne doivent plus exercer de pouvoir politique, administratif ni organiser l’enseignement. En échange, la Constitution garantit aux citoyens que la République leur assurera égalité devant la loi sans distinction de religion et qu’elle respectera toutes les croyances.

Déjà, on comprend que la « laïcité positive » n’existe pas sur un plan philosophique puisqu’une neutralité ne peut être ni positive, ni négative. Elle est simplement nulle. La République ne s’occupe pas du fait religieux.

Par ailleurs, la Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat est invoquée en permanence dans le débat politique mais son contenu n’est jamais cité. Faisons un retour salutaire ce texte, en nous gardant bien  de nous laisser influencer par les interprétations de nos contemporains. La loi est séparée en un titre Ier qui traite des principes de la loi (2% du texte, sur lequel reposera toute la laïcité), et l’énorme 2ème partie, le titre II qui légifère sur l’attribution des biens et des pensions entre l’Eglise et l’Etat. A l’époque, en effet, tout le problème était de réaliser la scission entre les religieux et la République en réattribuant  à chaque partie ce qui lui est du. Cette scission étant actée depuis plus d’un siècle, penchons-nous plutôt sur ce que cette loi nous a légué, c’est-à-dire le titre Ier :

Titre Ier : Principes.

Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.

Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l’article 3.

C’est pourtant écrit noir sur blanc. La République assure la liberté de conscience. Elle n’interdit pas, elle assure. Si la République ne reconnaît aucun culte, pour elle, l’islam, le catholicisme, le judaïsme n’existent pas en tant que tel. Il ne peut y avoir de caractérisation par l’Etat d’une islamisation de la France, puisqu’en droit, l’islam n’existe pas. C’est une opinion spirituelle. C’est pour ça que la loi ne reconnaît pas non plus ni les « bons musulmans », qui pratiqueraient un islam dit « modéré », ni les mauvais qui seraient « islamistes ». Par contre elle reconnaît des individus qui auraient organisé une explosion dans un RER, une prise d’otage dans un désert, ou un détournement  d’avion. Pour les condamner, la justice n’a pas besoin de connaître leur religion.

Rappelons-nous aussi la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 :

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

Article XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

Sachant que l’ordre public est « l’état social caractérisé par la paix, la sécurité publique et la sûreté » et que le trouble à l’ordre public est « l’atteinte significative à la paix publique », il serait bien difficile de prouver comment une fillette avec un foulard dans une classe arrive à un tel résultat.

Concernant les femmes en burqa qui ont choisi délibérément de la porter, il faut préciser malgré les bonnes intentions de « libérateurs de la femme », et des grands mécènes  luttant contre le « communautarisme », que la LOI n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public porte une atteinte directe à la liberté de conscience, ainsi qu’à la liberté d’aller et venir. Bien que le texte de loi ait réussi à sortir presque immaculé du conseil constitutionnel (une toute petite réserve d’interprétation : on a le droit d’avoir une burqa dans les lieux de culte, alors pourquoi pas dans une synagogue…), si jamais il devait un jour être appliqué contre un citoyen, je ne donne pas cher de son existence face à la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg (la dernière garante des libertés dans la France de 2010).

Autre polémique inutile : il n’y a pas lieu de faire de nouvelles lois concernant les prières de rues du vendredi. Constituant un rassemblement de personnes non annoncé aux autorités administratives, le code pénal possède déjà la notion d’attroupement dans son article Article 431-3 :

Constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public.

Un attroupement peut être dissipé par la force publique après deux sommations de se disperser demeurées sans effet, adressées par le préfet, le sous-préfet, le maire ou l’un de ses adjoints, tout officier de police judiciaire responsable de la sécurité publique, ou tout autre officier de police judiciaire, porteurs des insignes de leur fonction. (…)

On retrouve la notion d’ordre public, laissée à l’appréciation de la police : si elle estime qu’il n’y a pas de trouble à l’ordre public, elle n’a pas à intervenir. Dans le cas contraire, elle dispose de tout un arsenal répressif à sa disposition pour dissoudre l’attroupement et punir les contrevenants.

Par ailleurs, il faudrait être clair : soit il y a trop de mosquées sur notre territoire, soit il n’y en a pas assez ! De toute façon, pour la République, rien ne change de faire plus de mosquée ou pas, puisqu’elle ne reconnaît aucune religion. Si on respectait la loi de 1905, les constructions de lieu de cultes seraient uniquement freiné sur la teneur du projet immobilier, et non pas sur la présence ou pas d’un minaret… Ce ne sont que des raisons peu glorieuses pour lutter contre un déséquilibre des religions en qui aujourd’hui est en défaveur du judéo christianisme (numériquement pour l’instant, pas encore financièrement).

Si la république redevient laïque, le pouvoir exécutif pourra à nouveau respecter la Constitution (au moins sur ce point), sur les droits et libertés des citoyens à pratiquer leurs croyances sans intrusion administrative ni pénale.

On assiste aujourd’hui à une tentative désespérée de préservation à tous prix de traditions qu’on voudrait figées à travers les âges. Une apologie réactionnaire du « c’était mieux avant la France catholique, tout se perd avec ces musulmans qui essaiment partout leurs traditions et tentent de nous imposer leur mode de vie», en niant le traitement fait par notre pays aux juifs cantonnés longtemps aux métiers de l’argent, de ce qu’on a pu bien faire de nos druides, des guerres de religion et des massacres de protestants. Il y a même 2000 ans, en France, on persécutait des catholiques. La raison conduirait à penser que ça n’était pas la meilleure méthode pour éradiquer le catholicisme de l’Empire Romain… Alors l’islam en France en 2010 !

Il est beaucoup trop facile de se plaindre de la présence de nombre de musulmans dans nos grandes villes, après avoir colonisé une grande partie de l’Afrique, où nos prêtres étaient envoyés pour convertir au catholicisme l’Afrique sans imaginer un seul instant le retour de bâton un siècle plus tard. Les musulmans d’Ile de France ont été parqué en Seine Saint Denis, là où était l’hôpital réservé aux français musulmans (Hôpital Avicenne) car il souffraient de maladies qui ne pouvaient être traité avec les autres français. Enfin, pour construire la France après les indépendances africaines, le gouvernement fit massivement appel aux travailleurs étrangers du Maghreb et d’Afrique francophone. 40 ans plus tard, ces immigrés et leurs enfants devraient renier leurs opinions religieuses pour faire plaisirs à nos politiques, sous peine de devoir endurer loi après loi ?

Comme quoi, les politiques de persécutions religieuses sont une constante à travers les âges, sans que n’en soit tirées définitivement les conclusions nécessaires : laissons les gens libres de croire en ce qu’ils veulent et comme ils veulent.

D’ailleurs, si les chrétiens d’Europe sentent que la ferveur de leur foi à gagner les cœurs et les âmes se laisse débordée par d’autres religions, c’est à eux seuls de s’organiser pour convaincre leurs concitoyens de se convertir, mais sans utiliser les moyens de répressions et communications de la République, sans utiliser la loi comme une arme pour réduire les libertés de ceux qui pensent différemment.

Revenons à un Etat laïc.

Que la République protège à nouveau la liberté de tous à avoir ses propres croyances, de les exprimer chez soi, dans la rue, au travail tant que ça n’interfère pas avec la qualité de celui-ci, dans nos loisirs ainsi que dans les lieux de culte.

Plutôt que de suivre les débats inutiles lancés par l’extrême-droite (UMP incluse) sur leur conception ségrégationniste de la laïcité dite « positive » pour éliminer les croyances des autres de l’espace public, ceux qui souhaitent débattre des religions des autres devraient se rapprocher de ces croyants pour mieux les connaître.

Ou sinon, tout simplement, les laisser tranquilles et se focaliser sur tous les défis qui nous attendent demain : la sortie de la Crise de 2007 politique, institutionnelle, économique et financière, l’éducation de nos enfants, notre épanouissement personnel, etc.